Numérisation(s)

En ce moment je numérise sur 3 ordis en simultané, les archives prêtés baisses, mais pas très vite… Dernier investissement en date avec un ordi portable permettant de numériser facilement hors de la maison avec un scan A3, à titre d’infos la numérisations d’une revue demande une heure, sans compter le nettoyage du document.

Pour numériser les K7 audio un vieil ordinateur qui met 10 minutes à se mettre en route mais qui tourne parfaitement après… Avec le ventilateur assez bruyant

Pour numériser les vidéos un ordi un peu plus puissant…

LOOSE HEART

J’ai profité de la petite fête organisé samedi dernier par Mémoire Neuve et Caméléon Records pour la sortie du LOOSE HEART pour leur prendre quelques disques pour la distro. Il y a entre autre le NO FUCK BEBE qui est pour moi une petite perle et dont c’est les dernières copies… Des morceaux des deux labels sont en écoutent sur bandecamp…

Oh punaise… !

La semaine dernière Denis avait fait très fort avec ses archives, mais là : avec Suzy et Ian cela arrache tous. Sniffin’Glue, Anarchy in the U.K. (le zine des Sex Pistols), affiche d’Asphalt, carte postale du Captain en français, chronique des concerts 77…

OLYMPIADES LYONNAISES

Le rock d’ici a cassé les sièges de l’Olympia, mais il n’a pas fendu ceux du théâtre antique de Lyon. Le granite romain s’est averré plus solide que le velours de Marc Barriére, et plus accueillant d’ailleurs. Il faut dire que la programmation était plus acidulée que celle de la nuit New Wave a l’Olympia et que des musiciens d’Outre-Manche ont eu l’audace de immiscer au sein du festival. Je dis « audace », et vous allez voir pourquoi. Le matraquage publicitaire avait été piraté par Pogo, toutes les nuits sur Europe 1, et Vide-Ordure est même venu trainer sa blanche silhouette de radio-star maudite, sur les gradins du théâtre romain de Lyon, profitant de ce que Europe 1 avait gentiment mis Pogo en vacances, pour monopoliser avec des musiques plus orthodoxes, les nocturnes des grands départs du premier août. Les organisateurs avaient décidément misé sur Europe 1, d’une part sur Pogo, pour attirer les foules, d’autre part sur Albert Simon, pour faire briller le soleil. Et la mise fut bonne. A cinq heures du soir, les gradins ensoleillés suintaient déjà une foule qui devenait de plus en plus dense au déclin du soleil : au total, 5 O00 personnes. Une affiche prestigieuse, trop d’ailleurs, puisque le festival s’éternisa et que des groupes ne purent pas jouer, comme ce fut le cas pour Shaking Street (ceci, en partie due a la mauvaise humeur du batteur qui s’était allongé sur l’herbe et refusait de jouer). Electric Callas, Cimaron, Marie et les Garçons, Ganafoul, Starshooter, Nick Lowe et Dave Edmonds, Téléphone, Bijou, Little Bob Story, Au Bonheur des Dames ! Peu de révélations ce soir là. Chacun assuma sa musique et son jeu scénique sans surprise ni déception. A noter, la prestation particulière de Bijou, qui, malgré l’heure tardive de son passage, fit l’unanimité. Il y eu toutefois, de grands moments, brefs mais intenses, qui se résument en trois questions : 1) Marie et les Garçons triompheront-ils de la disco ? 2) Les Starshooter jouent-ils vraiment au Scooter ? 3) A-t-on enfin tué le mythe de la rock-star anglaise ? Vers onze heures du soir, alors que Ganafoul venait de faire tomber la nuit et monter l’atmosphère qui s’étirait jusque-lé en baillements d’attente, Marie et ses trois garçons montèrent sur une scène qui avait accueilli l’underground-music d’Electric Callas, le reggae superbe de Cimaron et le hard électrique de Ganafoul, mais qui soudainement allait rejeter la prestation musicale de Marie et les Gargons. Pourquoi ? Parce que le public rock, comme tous les autres publics, est raciste et n’apprécie que ce qu’il connait au préalable. Aussi, si vous ne leur apportez pas ce qu’ils attendent, béatement assis, et bien, ils vous balancent ce qu’ils ont sous la main, en l’occurrence des canettes de bière et de cocacola. Ce soir-là, ce fut le plus mauvais accueil que Marie et les Garçons n’aient jamais eu et pourtant le plus grand succès qu’il n’aient jamais remporté, précisément parce qu’ils firent magnifiquement réagir le public. Dés les premiers rythmes, empreints fortement de disco, les sifflements du public ricochèrent sur la scène en écho de cannettes de bière. Marie et les Garçons démordaient parfois de leur rythmes binaires pour leurs anciens morceaux, mais malgré tout, pour le public, l’insulte était la, a chaque bruit de cymbale, a chaque intonation de la voix. Et l’outrage suprême éclata lorsque soudain, Patrick, chanteur du groupe, déclara d’une voix détachée, distante et pourtant douce: « Vous aimez le disco ? ». Question ô combien erronée, vous pensez bien, face a un public qui est la pour cracher sur les babas lorsque ceux-ci ne comprennent rien au punk, mais qui, a leur tour, tombent dans le même panneau et ne savent pas suivre le cours des choses, de la musique et de la vie. Et Marie et les Garçons, héroïquement, entamèrent alors, sous une pluie, non pas de crachats mais de canettes évidées, ce que Patrick appelle l‘Hymne a la disco: le « Matcho, matcho man » des Village People de New York. Sous l’averse de projectiles inoffensifs mais plein d’une agressivité primaire, Palmer, de Bijou, sauta soudain sur sa guitare et sur la scéne, les Starshooter se précipitèrent sur les micros pour entonner en chœur, avec Richard de Téléphone et Dynamite de Bijou, « Matcho, matcho man ! ». Et, tous ensemble, esquivant avec peine les centaines de cannettes, firent triompher l’hymne a la disco dans le théâtre antique de Lyon ! Du coté du public, la déroute était complète : Téléphone, Bijou, Starshooter, les purs, les vrais, seraient-ils eux aussi de la partie? Impossible… et pourtant? A la fin du morceau, la scène n’était plus qu’un vaste tapis roulant de canettes multicolores dont le métal étincelait sous les projecteurs. Une dernière insulte aux yeux des ennemis de la disco. Du coté des musiciens, ce fut le plus beau témoignage de solidarité qui n’ait jamais été vu entre groupes français. Quant a Marie et les Garçons, attendez-vous a les voir prendre une toute autre voie que le rock et par conséquent, un tout autre public. Peut-être, leur direz-vous alors adieu. Moi, j’ai bien envie de m’en aller avec eux. En attendant voyez plutôt les Starshooter : Une grande révélation ce soir-la, lorsqu’ils montérent sur scène pour interpréter « Hygiène », un morceau qui figure sur la compilation Skydogs sous le nom de « Scooter ». Les Scooter, ce groupe qui disparut étrangement a la suite de cet enregistrement, ne seraient-ils rien d’autre que les Starshooter en personne ? Le doute subsistera tant que Starshooter n’aura pas fait de déclarations claires et affirmatives en ce qui concerne cette énigme qui relève de la petite histoire. Avis aux amateurs et collectors ! Mais les Starshooter furent également, cette nuit-la, a l’origine d’un petit scandale qui ne fit qu’envenimer les relations franco-britanniques déjà peu brillantes. Alors qu’il était entendu que Starshooter passait a la suite de Marie et les Garçons, l’organisateur du festival, de peur de faire patienter les rock stars anglaises que sont Dave Edmonds et Nick Lowe et qui venaient de se pointer pour jouer, il les annonçaient. La fureur de Kent Hutchitson obtint gain de cause, et a sa montée sur scène le chanteur de Starshooter s’étant calmé, remit Ils choses au point : « Il ne s’agit pas d’Anglais ou de Français, mais justement, star ou pas star, a bas la hiérarchie ! » et Starshooter enchaina. Un coup cinglant pour les Anglais sur lequel Dave Edmonds et Nick Lowe ne glissèrent pas. Ils jouèrent toutefois, après Starshooter, mais non sans disgrâce, et le public leur réserva un accueil chaleureux mais non triomphal. On les rappela, mais, eux, ne revinrent pas. Les spectateurs n’insistèrent pas et attendirent avec joie Téléphone et Bijou. Il apparut alors clairement, que ces deux groupes français remportent désormais, en France, un plus grand succès qu’un Dave Edmonds ou qu’un Nick Lowe. Le mythe de la rock star anglaise n’est pas encore tué, mais il est certain que le complexe du rock français est en train de dégeler. A suivre… Le festival se termina sur Little Bob Story qui s’avère de plus en plus aigri du fait qu’il n’est plus le seul, a présent, sur la scène rock française. Little Bob a beaucoup galéré et il en est fier, comme il est fier de chanter en anglais. Il est peut-être a présent au bout du rouleau. Enfin, a six heures du matin, alors qu’un soleil matinal arrosait le premier quart de cercle des gradins. Au Bonheur des Dames montérent sur scène. Bien que leur musique reléve trop a présent du comique des clowns de cirque, il faut noter l’humour et la bonne humeur de ces musiciens, qui, après une attente de plus de douze heures, surent amuser les derniers spectateurs sympathisants. Une cascade de canettes de bière et de coca-cola ricochant de gradins en gradins mit un terme a ce festival. Les spectateurs les plus résistants, participèrent ainsi aimablement au nettoyage précaire du théâtre antique. Et les touristes matinaux, qui déjà, vaquaient autour des ruines romaines, se demandaient quel était cet étrange concerto de métal évidé sur le point de fermer boutique. Elisabeth D. (Rock en Stock n°17)

THIS IS THE MODERN WORLD

THIS IS THE MODERN WORLD
 (c’est pas un titre de Jam ¢a ? - P.K.) (Et alors ? - B.B.) (Tagada Tsoin Tsoin - P.K.)

Un des plus évidents bienfaits de la New Wave (entre autres choses !J,c’est la tentative d'abolition des idoles. Ce culte abétifiant et factice de l’IMAGE en tant que perfection mensongère a partiellement disparu au profit de celui de la PERSONNALITE.
 Patti Smith, Johnny Rotten, Elvis Costello ne sont peut-être pas “beaux” selon les critères traditionnels mais ils séduisent pour toutes sortes de raisons.
 Pareil pour Poly Styrene, chanteuse-leader de X-Ray Spex. La première fois que j’ai rencontré Poly, j’ignorais qui elle était.
 C’était en mars 77 un concert des Adverts, Elle était venue me parler parce qu'elle adorait mes lunettes (en forme de pistols) (que J'avais achetées chez Harod’s)  (on’en a rien a branler - R.Duc ) (Une autre parenthèse, quelqu’un ? - N.Milo) (non merci, je suis au regime - G. Verlant) (J'ai rien compris - G.Pilchard) (Je peux continuer ? ) et elle était gaie, simple, vive. Je l'ai revue quelques jours plus tard et j’ai été frappé par son sens visuel.
 Elle n’a pas un physique essentiellement avantageux mais elle s’habille avec imagination et gout. C’est une métisse petite et plutôt forte, avec un appareil dentaire qui rend son sourire charmant mais métallique.
 En juillet 77, j’ai été très surpris de la voir sur scène avec X-RAY SPEX. Mais elle n’était pas là une attraction unique. Il y avait d’abord le public,  fanatique et bouillant, jeune et drôle, énergique et constructif. C’est rare il y avait en plus la jeune (16 ans) Laura Logic au saxophone qui conférait une sonorité amateuriste style Roxy Music au son  ramalamanousonestauchomage punk instamatic de la rythmique Richard
 Tee (no relation) à la batterie et Paul Dean à la basse ainsi qu’à la
 voix stridente de Poly.
 Troisième initiation 2 novembre 77 . X-Ray Spex en concert dans le nouveau centre de Londres : High ate. Le public est de plus en plus jeune, nombreux, délirant, hystérique et amusant. Tout le monde se donne à fond comme s’il n’y avait virtuellement No Future. Laura a dû rentrer à l’école et est  remplacée par Glyn Johns (no relation). Les nouvelles compositions (“I Am A Poseur”, “Obsessed With You”, “Submerge”) sont du même niveau que leur merveilleux single “Oh Bondage/Up Yours”.
 Habillée de plastique rose et orange, voyant mais pas vulgaire, Poy est maintenant une célébrité  et ce n’est que justice. Sa vision  du monde moderne est particulière en ce sens qu’elle est obsédée par le système, la mécanisation et la publicité. “My Mind Is Like A Plastic Bag", “Artificial”,
 "The World Turned Day-Glo" évoquent peut-être l’univers d’Ultravox mais l’esprit de Poly Styrene (née Marion Elliott) est totalement dénué de prétention et est plus axe sur les supermarchés que sur les écoles d'art. Son argument : "Si nous ne consommons pas, c'est le système qui nous consomme".
 Le nylon, le synthétisme, Kleenex, les robots, Caran d'Arche, Coca-Cola, la production de masse: la personnalité dans l'identification avec en plus, l'humour et l’hystérie.
 Et l'indéracinable paradoxe rock-androllien, la dichotomie du fond et de la forme ; l’un est artifice et l’autre énergie. Consommez-les.

Bert Berhard (En Attendant n°21 02/1978)

L’arène des punks…

FESTIVAL DE MONT-DE-MARSAN
L’arène des punks…

LA DEGENERATION PUNK ?
Non, nous ne reviendrons pas trop ici sur l’aspect et la tenue des « punks de Mont-de-Marsan, dont les médias, en ces semaines maigres du mois d’août, se sont montrés particulièrement friands, depuis les Actualités Télévisées jusqu’à l’inévitable Minute !
Mais pour situer les choses, disons que sur la piste des arènes, qui sont le cadre de la manifestation, on peut schématiquement distinguer deux types d’individus évoluant dans la poussière : Les uns sont des « punks » vrais ou faux, mais de préférence assez atrocement attifés, et se livrant aux seconds avec beaucoup trop de complaisance… Car les autres sont des photographes, professionnels ou non, traquant les premiers sans vergogne en espérant bien réaliser la photo du punk de l’année, sinon l’image du siècle ! (on aimerait bien que celui qui va vendre sa pelloche à Minute porte un badge pour qu’on le reconnaisse !). Mais le gros du public est sur les gradins, qui se garniront progressivement, et presque complètement (4000 personnes ?) d’une foule plus tranquille, venue d’abord pour écouter de la musique et pour juger « sur pièces » de celle des punks. Des gens probablement « motivés », si l’on en juge par les distances que la plupart avait du accomplir pour se retrouver là !

VENDREDI PUNK
La première journée était consacrée aux groupes punks les plus représentatifs, presque tous anglais, si l’on excepte Asphalt Jungle, groupe parisien dont la nullité ne trompa personne ici. On pourrait se demander pourquoi ils ont été |’objet d’une telle complaisance de la presse spécialisée alors que d’autres (punk ou pas) ont toutes les peines du monde à obtenir que l’on parle d’eux…
« Maniacs » a cette particularité assez nouvelle d’avoir un guitariste français, Henri Paul, parfaitement incorporé au groupe. Maniacs était parti pour obtenir un assez bon succès si des ennuis de sono n’avaient « cassé » la fin de leur set… Dommage. La musique de Police aussi avait de quoi séduire les punks les plus mélomanes. J’ai d’ailleurs appris (par la suite l) que c’était un Andy Summers « reconverti » qui était à la guitare. Ceci expliquant sans doute cela… Avec Damned, l’un des groupes les plus connus du mouvement, c’est l’aspect le plus visuel qui nous est présenté : le chanteur Dave Vanian, est une sorte de Dracula en pleine crise dont les déplacements imprévisibles créent un étrange ballet. Mais « l’image » du bassiste, Captain Sensible, genre idiot du village, est encore plus appréciée des amateurs. Tout cela me laisse rêveur… et leur musique aussi. Boys est un groupe de jeunes, extrêmement agressif et violent, qui donne une assez bonne idée de ce dont est faite la musique punk, même si L’intrusion d’un clavier chez eux est assez inhabituelle en la matière. Et ils chantent le vieux titre des Beatles qui donne le nom du groupe !
Clash semblait très attendu, sans doute a cause du disque, et ils ne négligèrent rien pour convaincre : un panneau-photo de « White Riot » ornait la scène, que Damned s’était employé a cacher auparavant ! La rivalité entre les deux groupes semble plutôt sévère et pendant le set de Clash on vit encore Captain Sensible venir verser de la bière sur une des guitares et autres sabotages, avant qu’il se fasse vider comme un malpropre par un roadie ! Si la musique de Clash parait solide a l’image de Joe Strummer, tout cela semble pourtant manquer un peu de la folie nécessaire pour faire passer leur image de révolte. C’est du moins l’impression que j’ai ressentie… Restait Rings, un groupe bien palot avec un Twink sur le retour, pour terminer cette soirée vers deux heures du matin…

VIOLENCE ET DÉSESPOIR…
On pouvait être étonné, face a la violence affichée de prime abord, que tout se soit passé sans incident… En fait, les punks sont surtout des « esthètes de la violence» : ils en cultivent les images (et cela donne assez bien la mesure de leur désespoir), mais ne la pratiquent pas réellement. A preuve leur désarroi quand ils sont pris a parti (comme cela semble arriver fréquemment en Angleterre) par des teddy-boys ou autres…
C’est plutôt un désespoir « résigné » qui caractérise cette nouvelle vague née du chômage et de la crise économique (Angleterre surtout). C’est le cri le plus évident sous le bruit provocateur de leur musique souvent « assommante ». Le lendemain, dans un square de la ville, une guitare découpée dans un carton était accrochée a la statue centrale avec ces deux mots inscrits dessus : « No Future »… On n’ose pas dire « tout un programme »… Fin de notre page sociologique.

DU ROCK ET DES FILLES
Après ce vendredi punk, le samedi fut tout simplement rock et ce fut un soulagement pour certains, qui comparent la musique des punks au bruit des tondeuses a gazons (le plaisir étant « quand ça s’arrête »). Lou’s est un groupe de quatre filles qui s’est produit exceptionnellement les deux jours. Mais elles étaient déjà plus sures d’elles le samedi. Pourtant ces quatre nanas n’ont vraiment pas froid aux yeux, de vrais « garçons manqués » qui doivent aussi aimer bricoler leur Norton… indifférentes a leur présentation pas très esthétique. Juste « natures ». Mais le rock, elles en veulent et leur sincérité fait passer sur bien des défauts techniques ! Par opposition, le groupe suivant, « Shakin’ Street » n’en apparut que plus phallocrate ! En effet, toute leur prestation semble axée dorénavant sur les charmes de leur chanteuse… Elle en a, c’est sur, et sait les mettre en valeur, au grand plaisir des photographes. Mais un groupe de rock, c’est autre chose, et on regrette car on avait cru, il y a quelques mois, voir cet « autre chose » en Shakin’ Street… Encore une fille dans le groupe suivant qui vient de Lyon. Cette fois, c’est la « batteuse ». Marie et les Garçons s’inspirent manifestement des Modern Lovers. Un style assez introverti, donc difficile au milieu de tous ces déploiements ! C’est déjà une assez belle performance pour eux que de ne pas s’être fait jeter, sur-tout si l’on songe qu’ils montaient sur scène pour la première fois !

LES CHOSES SÉRIEUSES…
Les choses vraiment sérieuses allaient commencer avec Tyla Gang, qui pratique un rock très musclé sans tomber dans le travers « hard ». Et c’est avec une immense satisfaction que l’on vit le public lui réserver un accueil délirant. Tyla Gang est en effet beaucoup trop méconnu. Sean Tyla a su retrouver des musiciens remarquables en la personne de Bruce Rowlands, guitariste, Brian Turring, bassiste, et Michael DesMaris, batteur. Un groupe qui fonctionne impeccablement derrière ce grand chef qu’est Sean. Un album devrait enfin sortir bientôt pour nous la prouver et je ne saurais assez vous recommander d’y prêter une oreille ! « Il n’y a eu qu’une heure de vraie musique a Mont-de-Marsan » devait parait-il déclarer modestement Sean Tyla après coup. Sans doute avait-il tout simplement oublié qu’après son passage, il y avait encore Little Bob Story. Et le délire continua, notre rock-group national semblant en pleine forme ! Un délire qui connut peut-être son apogée lors de « Riot in Toulouse »… Un triomphe bien mérité aussi pour Little Bob !

CONTROVERSE…
L’enthousiasme se calma ensuite un peu. D’abord il y eu un peu de pluie. Ensuite les deux groupes qui suivaient sont devenus un peu controversés : Hot Rods parce que leur musique apparaît maintenant, surtout avec le guitariste en plus, comme trop « rhythm and blues » aux oreilles de ceux qui les avaient pris pour des punks aux débuts… Doctor Feelgood parce que le départ de Wilko reste mal digéré par les fans. Personnellement, j’ai tout de même beaucoup apprécié ce passage du Doctor ne serait-ce que pour la hargne farouche que Lee Brilleaux insufflait ce soir-la aux vocaux.

EPILOGUE
Restait Bijou, un groupe vraiment français puisqu’il a cette particularité rare dans le rock de s’exprimer dans notre langue. Pas mal de reprises dans leur répertoire : du Dutronc, du Ronnie Bird surtout (on va-t-elle ; Fais attention ; Tu perds ton temps) et autres Chaussettes Noires. Bijou joue très sec, très vite, et cela déconcerte les danseurs (malgré l’invitation de leur album « Danse avec moi »). Au total, si leur succès est mitigé a cette heure trop tardive, ils ont quand même réussi a étonner beaucoup de monde…
Et un quart d’heure a peine après la fin de Bijou, la pluie se déclenche avec une violence soudaine, comme si elle avait été retenue jusqu’à la fin du festival. Elle précipitera le départ hagard des hordes ensommeillées et fera retomber la poussière soulevée par leurs « pogos » impis…

Serge DU MONTEIL (Rock en stock n°5)

PS 1 : Jam n’est pas passé pour de tristes raisons d’horaire. L’organisation (Skydog + association locale) s’étant souvent montrée un peu débordée lors de ce festival…
PS 2: Le passage de Lou Reed, le dimanche, ne faisait pas partie du festival, puisque c’était une autre organisation, KCP, qui prenait possession des lieux, en faisant repasser les gens a la caisse, bien sur.